Pour un retour à l’écriture, je ne pouvais qu’écrire sur l’éducation. Les représentants des parents d’élèves de Port-Mort ont distribué cette semaine un tract visant à alerter les parents sur ce qui se trame dans l’éducation.
Comme chaque fois qu’un ministre arrive à l’éducation nationale, il y va de sa reforme. Etant d’une famille d’enseignants, cela fait maintenant 34 ans que j’entends parler des reformes de l’éducation nationale… avec des réformes bonnes, d’autres moins bonnes, d’autres discutables. Cette fois ci, ce n’est pas une reforme de l’éducation nationale, mais une véritable casse.
En fait, la reforme ce n’est pas dans l’éducation nationale qu’il faut la chercher, mais dans la révision générale des politiques publiques lancée en conseil des ministres le 20 juin 2007. Un des points de la RGPP est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Ce point populiste à souhait a le mérite de faire plaisir à un certain électorat, et d’être financièrement intéressant. Sur le terrain, cela aurait dû se traduire par des fermetures de classes. Pour éviter les fermetures, notre champion du passé antérieur a eu une idée lumineuse : mettre dans des classes qui se retrouvent sans enseignants des personnels de l’éducation nationale qui ne sont pas actuellement devant une classe. Il a cherché notre champion de la règle de trois ; et il en a trouvé des personnels qui ne sont pas devant une classe. Il a trouvé les personnels qui travaillent dans les RASED, les personnels remplaçants et les personnels qui sont détachés dans des associations laïques œuvrant pour les projets éducatifs (comme l’USEP, ou les Francas). Je ne discuterai même pas ici de l’utilité de ces personnels, car ce qui occupe notre ministre, ce n’est pas à quoi ils servent mais ce qu’ils coûtent.
Maintenant, pensons à la prochaine étape : quand il n’y aura plus de RASED, plus de remplaçants, plus de personnels détachés dans les associations laïques (qui n’existeront plus car elles auront été financièrement asphyxiées), comment va-t-on faire ? Notre agrégé de lettres lorgne déjà vers les personnels qui enseignent dans les écoles maternelles en laissant changer les couches (c’est comme cela que notre ministre considère les personnels qui enseignent en maternelle) par des structures privées, et en redéployant les personnels vers l’école primaire… je n’ose même pas penser à l’étape qui arrive après.
Evidemment, la mobilisation est grande, et ne cesse de s’amplifier. J’invite toutes les personnes qui le peuvent à se rendre à l’espace culturel Marcel Pagnol d’Aubevoye lundi 26 janvier à 20 heures pour une grande réunion d’information, à signer la pétition en ligne « Sauvons des RASED » (http://www.sauvonslesrased.org/index.php?petition=4), à signer la pétition en ligne pour soutenir les associations éducatives complémentaires de l’enseignement public (http://www.pourleducation.org/), et enfin à participer le 29 janvier à la mobilisation nationale (le rendez-vous eurois est fixé à 14h au Bel Ebat à Evreux).
Photo prise par laure Jupille lors de la manifestation du 17 janvier à Evreux