Développement… tout le monde a ce mot là à la bouche. Il peut être durable, insoutenable, maitrisé, inexistant ou encore 2.0 (ça c’est une private joke que je partage avec mes confrères développeurs… en informatique).
Au niveau de la planète, j’ai un gros problème idéologique avec les termes croissance et développement. Je vais repartir très loin en arrière : nous avons eu au 18ème siècle un chimiste, philosophe et économiste nommé Antoine Lavoisier. Il a énoncé la première version de la loi de conservation de la matière. On lui attribue à tord la maxime suivante : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Difficile d’aller contre cette maxime. J’ai donc tendance à penser que le développement économique, c’est en fait les ressources naturelles de notre planète que l’on transforme. Vous ne me croyez pas ? Pensez à l’agriculture, à l’exploitation du pétrole, à la déforestation, … ou plus près ne nous aux sablières. On justifie généralement notre fuite en avant disant « les autres se développent, alors si nous on ne le fait pas, on va mourir ».
Vous pensez être bien loin des préoccupations de Port-Mort ? Et bien pas tant que ça : on est encore en plein dans l’intercommunalité. Depuis l’adoption de la loi de Chevènement (en 1999), un très grand nombre de groupements à fiscalité propre (la CCAE dans notre cas) ont choisi un financement par la taxe professionnelle unique (TPU). Cela est une véritable révolution pour les communes. Il ne faut plus raisonner en termes de développement économique de la commune, mais de l’intercommunalité. Cela veux dire que chaque commune n’est plus obligée d’avoir ses sablières pour avoir de la taxe professionnelle, mais uniquement là où c’est intelligent de faire. Cela veut dire que si une usine à un projet d’extension qui pose problème, on peut trouver une solution dans l’espace communautaire (comme pour Alland & Robert). La première extension du site avait posé (et pose encore) beaucoup de problèmes aux riverains (mais il fallait conserver l’entreprise dans la commune pour conserver la taxe professionnelle). Grace à la mise en place de la TPU, la dernière extension ne pose pas de problèmes puisque nous avons trouvé une solution dans l’espace communautaire… je sais, Port-Mort n’est pas dans EMS, mais avec quoi voulez-vous que je fasse ma démonstration sinon? En plus, ça va bientôt changer : sur le site de la CCAE, on peut lire qu’une zone d’activités de 12 hectares va voir le jour sur Bouafles-Courcelles. Le début des travaux de viabilisation de la zone est prévu pour 2005.
Pour l’instant (ça peut changer), ne comptons pas trop sur la CCAE pour le développement (je suis quand même un peu méchant car nous profitons quand même du soutien au commerce rural, et c’est vraiment très important pour nous). Ne comptons pas trop non plus sur la dotation globale de fonctionnement que nous donne l’état : l’état est très fort pour transférer des compétences, mais beaucoup moins pour transférer les financements qui vont avec.
Il vaut mieux compter sur nous. On peut regarder les dépenses, mais je doute que l’on puisse économiser grand-chose… il faut regarder vers les recettes. La commune dispose encore de 3 taxes : la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d’habitation. Les taux de Port-Mort sont dans la moyenne. Il serait stupide de jouer sur ces taux. Si on bouge un des taux, par un savant mécanisme dont seul Bercy a le secret, les autres taux bougent. De plus, une augmentation de seulement un point de ces taux rapporterait peu à la commune, mais se verrait beaucoup sur nos feuilles d’imposition. Nous ne pouvons jouer que sur les bases… il faut donc que nous nous lancions dans l’agrandissement de nos maisons (désolé pour ceux qui ne peuvent pas pour diverses raisons), ou accueillir de nouveaux habitants.
Oui je pense qu’il faut continuer d’accueillir régulièrement de nouveaux habitants… j’insiste sur le terme régulièrement : ça ne veut pas dire massivement. Je vais par contre mettre un peu les pieds dans le plat : je crois profondément à l’habitat social en zone rurale. Je suis pour aider la CCAE à mettre en place sa politique sociale du logement. Voici un extrait du site de la CCAE (http://www.cc-andelys.fr/dossiers/habitatsoc.htm) :
Le premier objectif de la CCAE concernant l’habitat social, outre le fait de continuer à entretenir et améliorer l’existant, consiste à chercher le moyen de favoriser l’ouverture d’un parc locatif à loyers contrôlés dans les autres communes du territoire. En effet il paraît judicieux de permettre à des petites communes d’offrir des possibilités de se loger aux personnes qui souhaitent rester ou venir dans ces communes pour y faire travailler le commerce, fournir de la main d’œuvre aux artisans et produire les « jeunes pousses » qui contribueront à maintenir les écoles sur place.
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